Manger lorsque ça fait mal, ce n'est pas évident ! Plusieurs personnes ont tendance à éviter certains aliments qu'ils croient être à l'origine de leur inconfort. Les médecins disent qu'il n'y a pas de " liste magique" qui indique quels aliments privilégier ou éviter en temps de crise.
Comme vous le verrez dans les témoignages suivants, certains aliments sont problématiques pour certains et inoffensifs pour d'autres.
Claudie
Je n'ai pas modifié mon alimentation. Je fais seulement attention aux boissons gazeuses et à la bière, car elles me donnent mal au ventre. Les mets épicés me donnent la diarrhée.
Elaine
Mon spécialiste ne m'a jamais parlé de diète, les gens de l'hôpital non plus. J'ai décidé moi-même de prendre rendez-vous avec une diététicienne qui m'a tout expliqué : moins de fibres, pas d'épices, pas d'alcool, rien de trop tomaté, pas de pop corn (malheur !), pas de pizza, pas de poutine, etc. Il faut se priver surtout lorsqu'on est en crise, pas 12 mois par année. Je suis chanceuse, car je tolère très bien les produits laitiers. J'ai coupé un peu le sucre, car j'étais une vraie bibitte à sucre. Si j'avais faim entre les repas, je mangeais un biscuit, du gâteau, du chocolat, etc. Maintenant, je fais attention : je prends un yogourt, du fromage, une banane....J'ai également dù couper les mets épicés (ça me manque terriblement). Il y a plein de légumes qui ne sont pas très bons pour la colite, mais je n'en mange pas vraiment, alors ça me prive pas. Par contre, jebois du jus de légumes avant chaque dîner et souper. La diététicienne m'a dit que c'était aussi bon que d'en manger. Je me suis rendue compte aussi que je mangeais pas bien : trop de choses vites faites (j'aime pas faire la bouffe alors ça aide pas). Je fais donc plus attention à ce que je mange. Je mange du poisson (huile Omega-3) et du foie (bon pour le fer et l'acide folique) une fois par semaine. En cas de crise, si vous êtes pris loin de chez vous ou loin d'un hôpital : boire du Gatorade vous empêche de déshydrater et vous donne des minéraux. Boire des cannettes d'Ensure vous donne un repas complet, s'avale facilement et donne un break à vos intestins.
Casper
Les deux gastro-entérologues que j'ai consultés m'ont dit qu'il n'y avait pratiquement aucun lien entre l'alimentation et la colite et/ou les rémissions. Ce n'est pas l'avis de tout le monde. On retrouve effectivement des livres en librairie qui traitent de régimes particuliers à adopter -quoique souvent ils sont destinés aux personnes qui ont le syndrôme du côlon irritable et non spécifiquement la colite. La médecine orientale, vieille de plus de 4 000 ans, insiste sur l'importance de s'alimenter différemment en cas de colite. Qui croire ?
J'essaie de manger des choses plus naturelles : ça ne peut que faire du bien ! D'ailleurs un de mes amis qui a Crohn a modifié son régime à 100% organique et jure que les tomates organiques sont les seules qu'il peut absorber ! Je n'ai pas eu le courage de l'essayer parce que les tomates me font juste trop souffrir.
À l'hôpital, j'ai consulté une diététicienne qui m'a faite prendre un régime faible en fibres et résidus. On me faisait manger beaucoup de protéines. En crise, j'avais EXTRÊMEMENT peur de manger : ça me faisait tellement mal ! Je ne mangeais que du riz, des patates, du pain et de la soupe.
En deux ans, mon régime s'est graduellement diversifié (heureusement !) mais je mange encore beaucoup trop de féculents par rapport à un régime équilibré. Si vous êtes en crise, je vous conseille de manger de plus petites portions, plusieurs fois par jour...
En début de rémission, je mangeais plutôt bien mais j'évitais encore les noix, les graines (fraises, framboises, sésames, tomates et tout le reste). Ajoutons à ma liste d'interdits : les légumes crus, la pelure des fruits, le maïs, le pop-corn, les charcuteries, les céréales qui ont beaucoup de fibres. Je me suis longtemps méfiée de la sauce aux tomates, qui me faisait tant souffrir quand j'étais au pire de ma crise. Manger trop de crème glacée n'aidait pas. J'ignore le lien, c'est mon acupuncteur qui m'avait fait remarquer que les aliments froids étaient problématiques. Par ailleurs, moi aussi je tolère très bien le lait.
En ce moment, en parfaite rémission depuis des années, je dois faire attention de ne pas manger trop de popcorn ou de noix car le lendemain, mes selles sont parsemées de taches rouges, me rappelant que j'ai bel et bien encore cette maladie ! Je mange de tout.
Tout comme Elaine, lors de ma rémission, je prenais parfois du Boost/Ensure, mais je n'aimais pas beaucoup le goût. À l'hôpital, on m'a servi du Resource. Ça a un goût différent : moins sucré, épais et "céréalé " . Je pense que ça vaut la peine de l'essayer. Cette marque est difficile à trouver, mais on peut demander au pharmacien d'en commander. J'ai demandé à Walmart d'en commander : ils avaient un très bon prix. J'en ai longtemps gardé une caisse dans mon garde-manger...au cas.
Martine
Mon alimentation est un peu modifiée selon si je suis en situation de rechute ou non. Café le matin, alcool, repas épicé, ail, légumes, fruits crus...Mon médecin me suggère de continuer à manger naturellement. Même présentement (rechute), je mange un peu de fibres, céréales, fruits...pour aider à la régularisation.
Mélissa
Mon premier gastro-entérologue m'avait dit vaguement que tout ce qui irrite l'intestin n'est pas bon pour moi : les crudités (brocoli, céleri, salades, fèves), les mets épicés, le café, le chocolat, l'alcool...Il est important de boire beaucoup pour ne pas se déshydrater. Moi je ne peux pas boire de liqueur noire et même la liqueur blanche me donne un peu de diarrhée.
Valérie
J'ai eu un régime sans résidu pendant deux ans, ensuite j'ai introduit les nouveaux aliments progressivement. Peu à peu, je peux manger de tout. Par exemple, l'an dernier, je ne pouvais absolument pas manger de fondue au fromage (que j'adore) et cette année, elle me faisait tellement envie que j'ai essayé et je l'ai supportée ! Mais j'ai le sentiment que je ne pourrai plus réintroduire certains aliments, (aliments difficiles à digérer : poivrons (piments), la choucroute)...mais à quoi bon, c'est déjà génial !
Claudia
En sortant de l'hôpital, la diététicienne me donne un régime d'enfer...je pleurais. J'ai appris à réintégrer tranquillement certains aliments. Un gastro-entérologue de Québec a poussé l'audace jusqu'à me dire que l'alimentation n'a rien à voir avec la colite...Ayoye ! Vive l'incompétence ! Il y a certaines choses que je ne mangerai plus jamais et je le sais par expérience. En voici quelques exemples : pois mange-tout, fraises, framboises, bleuets, piments, salades, tomates, épices, chocolat, l'ensemble des légumes verts...Ce sont les pires.
Guillaume
Le médecin m'a dit que je pouvais manger ce que je voulais en essayant d'éviter la caféine et l'alcool, qui sont des irritants. Malheureusement, ou heureusement, je n'ai pas réussi à me passer de l'alcool (cré alcoolique va !) et je consomme du café à l'occasion. L'alcool, loin d'aggraver mes symptômes, tend à les diminuer car il diminue mon stress. En effet, après trois ou quatre bières, il est très rare, même impossible, que je ressente le besoin d'aller à la selle. Bien sûr, les lendemains sont plus pénibles qu'auparavant, mais ils sont tout de même tolérables. De toute façon, il me reste deux ans d'université et je veux des enfants très jeune, alors j'en profite alors qu'il est encore temps.
Au niveau de la nourriture, j'ai diminué ma consommation de lait et j'essaie de manger moins de pommes et de légumes crus. Je suis aussi passé du pain brun au pain blanc et j'ai laissé tomber les légumineuses que j'aimais tant. Bref, je tente de diminuer ma consommation de fibres qui était énorme auparavant.
En somme, j'ai réduit certains aliments, mais je me permets de tout de temps à autre. Autre changement, je me suis mis à manger des cochonneries, ce que j'avais arrêté de faire durant quelques années en me souciant un peu trop de ma santé. Je crois maintenant que se permettre des écarts de temps à autres est plus bénéfique que l'abstinence.